Arthabaska Victoriaville-Les débuts (suite)
Arthabaskaville
À la montagne, on assiste à
une nouvelle restructuration civile de la communauté.
Le 10 octobre 1855, le village devint municipalité
de comté et se sépara du reste de la partie
rurale de la municipalité de la paroisse de Saint-Christophe.
À partir de ce moment, on peut noter l’existence
de deux entités : village et campagne, dont les objectifs
seront très distincts. À Arthabaska, on voit
arriver nombre de notables dont l’activité
se greffe autour du Bureau d’enregistrement et plus
tard du Palais de Justice, qui sera construit en 1860.

Vue d'Arthabaska Source: Ville de Victoriaville, fonds Alcide Fleury
Arthabaskaville se développa
alors comme un haut lieu culturel et politique du Québec
et du Canada. Avec l’instauration des nouvelles institutions
scolaires, de l’hôpital, en plus du Palais de
Justice, cette agglomération devint une ville de
service où l’influence professionnelle dominait.
Selon les données démographiques de l’époque,
la population a doublé depuis 1851, passant de 895
à 1900 habitants, en 1859.
Victoriaville
Après
la séparation d’Arthabaska et de Saint-Christophe,
un nouveau conseil municipal se forma aux Pointes, près
du <<Dépôt>>, sous le leadership
de Louis Foisy. Le 18 mai 1861, le village de Victoriaville
était créé.
Cette infrastructure légale permettait
à la bourgeoisie marchande des Pointes de se doter
d’un outil indispensable pour le développement
de ses projets commerciaux. Compte tenu de l’activité
croissante autour de la gare, ce milieu se transforma en
plaque tournante du monde des affaires. Pendant plusieurs
décennies les maires du village furent principalement
des marchands prospères et des spéculateurs
fonciers.
Hôtel de Ville de Victoriaville 1894 Collection, Hélène Labrecque
L’industrie du bois dans
les Bois-Francs.
Compte tenu de l’abondance de nos
forêts, les scieries s’étaient abondamment
multipliées. On a pu en dénombrer plus d’une
quinzaine le long des rivières Nicolet et Gosselin,
dans les environs immédiats de Saint-Christophe d’Arthabaska.
C’était pour la plupart des entreprises prospères,
occupant une abondante main d’œuvre. Un moulin
retient notre attention de façon particulière,
à cause de sa capacité de production et du
rôle important qu’un de ses propriétaires
a joué dans le développement de Victoriaville.
Nous parlons d’Arthabaska Saw Mill, propriété
successive de plusieurs marchands anglophones, connu sous
les noms de moulin :`Russel, Dudley, Gagnon, Pennington
et autres.
D’abord construit par Antoine Baril
en 1853, le terrain avait été acheté
d’Olivier Perreault (premier pionnier de Victoriaville)
et se situait à l’emplacement de ce qui est
aujourd’hui <<Terre des jeunes>>. Une
petite digue, sur la rivière Nicolet, près
de l’actuelle piste cyclable, en est un des vestiges.

Centrale électrique et moulin à scie
de Victoriaville Photo: centenaire de Victoriaville
1861-1961
Implication des notaires
Le moulin devint propriété
d’Archibald Campbell, notaire de Québec, de
1857 à 1861. À la fin du XIXe siècle,
époque du développement du capitalisme commercial,
il devint pratique courante que les notaires s’impliquent
dans l’économie du pays. Souvent ils ont été
propriétaires de moulins à scie, à
farine et à carder. Pour parler de l’implication
sociale d’Archibald Campbell, on sait qu’il
a fait construire l’Hôtel Prince of Whales,
qui devint l’Hôtel Central sur la rue Notre-Dame
(à la place de la pharmacie Jean Coutu actuellement).
Il fit construire également 14 petites maisons, face
au moulin, de l’autre côté de la rivière,
pour en loger les familles des ouvriers de son entreprise.
On peut encore voir plusieurs de ces maisons sur le boulevard
Jutras, face à Terre des jeunes.